dimanche 13 avril 2008

L'emploi du temps

Öng Tran van Loo est un vieil ami de Saïgon. Il possède une qualité assez particulière.
Assis dans le fond de sa boutique il parvient a discerné dans la demi obscurité les choses les moins visibles. Les ombres lui racontent des histoires affirme- t-il.

-C’est bien normal, je suis antiquaire, je vis au milieu de vieux objets.

-Ils ont beaucoup de choses à dire? Ils vous parlent du temps passé. Ne croyez vous pas ?

Un léger grincement, sans doute un rire discret, agrémente sa réponse.

-Non, mon ami, car ce n’est pas le temps qui passe ; c’est nous qui passons. Le temps s’étale aussi bien devant que derrière nous. Qui peut prétendre que l’avenir sera plus long que le passé ? Lorsqu’on a atteint 80 ans il ne s’agit plus de compter le temps ; Il faut commencer à garnir son éternité en sachant qu’elle n’est pas le temps qui ne s’arrête jamais. L’éternité est tout simplement l’absence du temps. .

-Monsieur Loo, vous vendez de vieilles horloges et vous croyez que peut être le temps n’existe pas ?

-Si je croyais à l’existence du temps je l’aurais employé à quelque chose ! Or je n’ai fait qu’attendre qu’il passe, c’est donc lui qui m’a employé pour que je le regarde défiler devant moi.

-Vous pensez qu’il faut tout simplement laisser couler le temps ?

Le grincement de son ricanement prend de l’ampleur pour devenir un mélange de rire et de petits sanglots.

-Oui, comme on laisse couler un bateau dont la coque est pourrie.

dimanche 23 mars 2008

LA VERITE DU CINEMA et LE CINEMA VERITE

Est- ce par pudeur ou par peur que souvent nous avons l’habitude de dire « C’est du cinéma » lorsque nous n’osons pas regarder les réalités en face ?

Longtemps, le « Ciné » a été une espèce de drogue douce destinée à des spectateurs avides d’histoires nées de l’imagination des hommes.
La caméra n’était qu’un œil de verre ne se posant que sur la fiction dont le grand public était gourmand.
De l’autre côté de cette pupille artificielle se trouvaient des artistes, bien sûr, mais également et surtout des » marchands de rêves » figés dans la cellulose.

Mais même si la vérité, les vérités devrions nous dire, peuvent rester longtemps cachées, elles se manifestent tout d’abord dans l’esprit et le cœur de ceux qui la constatent grâce à leur travail accompli au plus profond de leurs découvertes des injustices, des malheurs, des abandons des lâchetés, des dangers dans lesquels vivent des millions de femmes, d’hommes et d’enfants qui peuplent tant de régions de notre planète.

La vérité est, quoi qu’on en pense, contagieuse et finit toujours par apparaître aux regards de ceux qui savent donner aux images de la vie leurs vraies couleurs, surtout s’il s’agit de celle du sang ou des sombres noirceurs des menaces orageuses.

Si la réalité échappe parfois aux média, elle s’accroche de plus en plus à la curiosité des chasseurs d’images courageux qui ignorent les mensonges en carton pâte et qui veulent montrer la vie, ,la vraie vie,.Celle qui n’est pas inventée par des « entrepreneurs- commerçants ».

Aujourd’hui ces cinéastes qui sont devenus témoins, savent ouvrir les yeux et les esprits du monde sur la douleur, les menaces et la mort dans lesquelles survivent les plus pauvres d’entre nous.

Jacques Danois

samedi 1 mars 2008

Mes vieux camarades de Jesus

En bref

Mis en ligne le 29/02/2008

ÉVOCATIONS

Mes vieux camarades de Jésus

Jacques Danois

Les Dossiers d'Aquitaine (7, impasse Bardos, 33800 Bordeaux), 90 pp., env. 15 €

Grand reporter pendant des décennies (guerre d'Algérie; Palestine et Israël ; Afrique ; Vietnam tout au long de la guerre des Américains), Jacques Danois qui, depuis de longues années, a mis son énergie au service des enfants d'Asie "pour les préserver de l'ignorance et leur ouvrir les portes du savoir", publie cinq portraits de prêtres dont la carrure d'âme et la soif de justice sociale l'ont impressionné. Dans le premier chapitre, ce témoin de "la folie des hommes et de l'absurdité de leurs tristes destins" évoque sa propre enfance, ses études (jusqu'à... la veille même du 10 mai 40) au collège Saint Michel tenu par les Jésuites, puis, pendant l'occupation, sa découverte des Franciscains au Chant d'oiseaux. Leur enseignement, leur simplicité, marqueront l'adolescent: "Les Pères devenaient missionnaires dans leur propre pays et nous, élèves d'une école chic de la haute société bruxelloise, étions égaux aux petits écoliers d'une école de la brousse africaine. Peut-être était-ce une première leçon d'antiracisme? " Et J. D. d'ajouter: "Etre simple était pour eux une forme de respect pour les petits d'hommes que nous étions. " Ce qui amène l'auteur à honorer la mémoire du père Agnello, qui, jeune ordonné, s'engagea comme volontaire dès le début de la Première Guerre et que les gaz allemands rendront aveugle. "Mais il savait donner à sa nuit toutes les valeurs de la lumière de l'esprit, toutes les couleurs de la cécité, comme il aimait le confier à ceux qui l'agaçaient en s'apitoyant sur son destin de prêtre aveugle." Du fondateur de l'OEuvre nationale des aveugles, le Jacques de treize ans sera l'enfant de choeur pour la messe basse, chaque matin à sept heures: "Pour la première fois de ma vie, j'allais servir à quelque chose." Un homme qui, dénoncé par un traître (pour avoir caché des aviateurs anglais et américains et des résistants au couvent), sera envoyé dans un camp d'extermination, d'où il ne reviendra pas. Dans ce livre d'entretiens - où le coeur parle à voix haute -, l'auteur des "Moineaux de Saïgon", vice-président de l'Association mondiale des amis de l'enfance, évoque d'autres âmes tout feu tout flamme, comme le père Fernand Parrel, correspondant de "La Croix" au Sud Vietnam dans les années 60, riche d'une expérience de quarante ans de mission en terre indochinoise, qui lui avouera: "Parfois, je me demande si je n'aurais pas mieux fait d'aider ces gens à mieux croire ce qu'ils croyaient plutôt que de les pousser vers une croyance différente." Un prêtre natif de Tours, formé au séminaire de Toulouse, qui "sous ses allures calmes, cachait une âme de révolutionnaire". Un ouvrage où l'infatigable auteur de "Micro au poing" s'interroge sur ses propres convictions, lui qui s'est éloigné de la pratique religieuse, de la foi chrétienne que lui inculquèrent ses parents : "A la question Croyez-vous en Dieu ?, je répondais en faisant mienne une phrase de Jean Cocteau : Je doute en Dieu. Mais en vérité, étant depuis des années correspondant de guerre, je doutais encore plus des hommes." D'autres pages saluent le père Pire, le dominicain belge originaire de Dinant, prix Nobel de la Paix 1958, l'apôtre des personnes déplacées qui créera les Îles de Paix. Les pp. 72 à 81 scrutent la personnalité d'un "Marine" de Dieu, l'américain Father Ted , dont Danois fit la connaissance au Cambodge en 1980. Ce "petit" livre émouvant, attachant et revigorant, célébration de la fraternité, s'achève par un hommage à Joseph Cardijn, le fondateur universellement connu de la Jeunesse ouvrière chrétienne. Que ferez-vous quand vous serez.... là-haut, demanda un jour Jacques Danois au Cardinal (né à Schaerbeek) âgé alors de 84 ans ? "Je m'occuperai des jeunes (...) Comme la petite Soeur Thérèse de l'Enfant Jésus qui disait : je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre. Hé bien, si le Bon Dieu m'accueille dans son ciel, ce sera uniquement pour essayer de résoudre avec Lui ces problèmes honteux qui existent encore." (Fr.M.)


dimanche 13 janvier 2008

Tsunami sur l'Enfance

video

dimanche 6 janvier 2008

Il était une fois un Vaneau

Il était une fois un Vaneau ,un oiseau de théâtre libre dans le ciel de la comédie ,de l’art et du spectacle ! Un ami de toujours qui était plus mon frère que mon frère n’a été mon ami……Mais voila lorsque le 24 décembre 2007 je lui ai téléphoné à Sao Paolo ou il résidait depuis des années pour lui souhaiter une douce fête malgré sa maladie, sa fille Vania m’a dit simplement « Papa est décédé ce matin »

La première fois que j’ai rencontré Maurice Vaneau il avait une oreille plus grande que l’autre !Je ne sais plus si c’était la gauche ou la droite.De toute façons lorsqu’il bougeait et tournait la tête, la gauche passait a droite et vice- versa. Il faut dire que je ne le voyais pas de très près car j’étais assis au fond de la salle M du Palais des beaux- arts de Bruxelles. Jeune comédien je pataugeais dans la vie théâtrale renaissante de l’après- guerre entre le conservatoire et les cours de Max Péral,un vieux comédien français qui a tout appris aux acteurs de ma génération,j’étais figurant »,panouflar « et souffleur d’occasion au Théâtre royal du Parc et je jouais aussi de très beaux rôles dans une compagnie itinérante »le Théâtre de l’équipe » dirigée par un merveilleux fou nommé Fernand Piette qui crevait de faim avec sa petite fille et sa femme mais qui n’était jamais I0 minutes en retard pour payer généreusement ses comédiens.Pendant mes temps libres je me glissais clandestinement dans les salles de la ville ou se répetait des pièces.C’était le cas du » Rideau de Bruxelles »ou Maurice jouait un petit gnome si je me souviens bien .Enfoncé dans mon fauteuil de resquilleur soignant en même temps ma gueule de bois habituelle,j’étais indigné de voir les autres comédiens tirer la grande oreille de celui qui,tout en étant né de parents différents, allait devenir mon frère.A la pause de la « répet »,toujours sans demander la permission et profitant de mon don d’absence naturel je passais des rangs du public absent aux coulisses et loges d’acteurs. De visu j’ai alors constaté que l’oreille de Vaneau était fausse ! Quel soulagement de n’avoir pas assiter à la torture en direct d’un petit handicapé du pavillon auditif!En vérité Maurice était un jeune comédien plein de ressources. Il ne se contentait pas comme le font beaucoup d’acteurs de se regarder lui-même. Rien ne lui échappait dans son environnement,ni les décors ni la mise en scène qui deviendra par la suite son outil de choix. Excellent dessinateur et fin observateur de tout ce qui sortait de la routine du théâtre ,il était un novateur sans devenir un hurluberlu d’un théâtre sans âme voulu par ceux qui ont donné a leur fonction de « metteur en scène », une place tuant celle de l’auteur et de ses interprètes. Son physique de mime et de personnage de la comédia del’ arte lui ont permis rapidement de jouer et de monter de œuvres des répertoires allant de Feydeau aux auteurs américains les plus modernes.A la ville nous ne nous sommes plus quittés .Il était beaucoup plus sérieux que moi. S’il m’accompagnait dans mes virées nocturnes pour faire le tour de tous les cafés d’étudiants de la ville,il n’était pas ,comme ma pauvre personne, un alcoolique sans volonté. Je dépensais mon peu d’argent à sortir et à boire mais lui se gardait de l’inutile pour se préparer de beaux voyages. L’Italie,l’Espagne… à chaque retour il racontait toutes ses découvertes comme l’aurait fait un grand reporter. Puis il est parti en stage en Amérique !La il s’est réalisé encore plus et en a ramené les « States » dans ses valises .Grâce a lui j’ai connu New York bien avant d’ aller vivre pendant 8 ans dans les années 70.La distance n’a jamais existé entre nous. Lorsque j’ai été engagé à Paris par Popesco pour jouer un Goldoni avec Suzanne Flon,nous avons partagé le même petit appartement. Si Maurice avait beaucoup a faire dans la capitale française son cœur et son âme était toujours en voyage,surtout en Amérique latine.C’est finalement à New York que nous avons recommencé a travailler ensemble nous qui avions joué tous les auteurs classiques et modernes sur les scènes les plus invraisemblables de Belgique. Je dirigeais,au Nations unies,le service audiovisuel de L’unicef. Avec son épouse ,Célia Gouvéa,danseuse et chorégraphe de grand talent,il a réalisé un vidéo spécial pour l’année de l’enfant(78/79).Les techniciens de l’ONU étaient heureux de quitter leur corvée d’enregistrement de discours officiels,sibyllins et oiseux,pour venir vivre avec Maurice et Célia des moments de vérité et de talent. Moi j’étais fou de joie de retrouver l’ambiance de travail qui avait été la notre pendant notre tournée au Congo belge en 1951.Nous nous partagions le boulot de régisseurs en plus de celui de comédien. Les difficultés étaient grande,les salles de spectacle mal ou pas équipées pour ce genre d’aventure. Maurice faisait des miracles pour faire tenir debout des planches ,des tubulures afin de tendre des toiles peintes sensées être des décors en dur !Sa franchise et sa liberté de parole n’a trouvé aucun frein lorsque Claude Etienne qui dirigeait ce voyage du Rideau de Bruxelles a,une demi heure avant le lever de rideau, tout fait s’écrouler en voulant ajoute le geste du »chef » à celui de humbles travailleurs que nous étions Maurice et moi. »Avez-vous jamais vu un con pareil » a crié Maurice libérant ainsi un grands nombre de ses frustrations vis a vis du patron. En toutes circonstances Vaneau a toujours manifesté sa liberté de parole. Son charme adoucissait ses interventions parfois très »directes » mais nul ne lui en a jamais voulu .Certainement jamais moi à qui, en vrai frère, il n’a jamais dit un mot de travers ni fait aucun reproche,pourtant j’étais un garçon moins mur que lui. Il me pardonnait d’avance, mes idées parfois curieuses. Que de premières, de réceptions, de tournées,de répétitions,de réalisations de fou rires vécus comme de gamins et des hommes !La distance en Kilomètres en grande entre ma Provence et son Brésil »Il faut trouver quelqu’un pour réparer ça »m’avait t il dit récemment au téléphone. De toutes façons rien surtout pas la mort, ne peut ni ne pourra jamais briser notre fraternelle histoire, avec un grand H.

Jacques Danois

mercredi 21 novembre 2007

Pays natal...pays fatal !

La belgique m'a vu naitre !Enfin si elle a trouvé le temps de bien regarder, car déja ,il y a 8O ans ,la situation se tendait entre les communautés linguistiques de  mon pays .Les flamands pensaient que tous leurs "compatriotes"  parlant français étaient les ennemis arrogants des paysans et des ouvriers du Nord de la Belgique .Ils mettaient ainsi dans le même sac les bourgeois flamands ,tous francophones ,et les Wallons dont la langue de Voltaire était l'idiome naturel .Pour se libérer  ( ou se venger ? ) de l'emprise latine sur leurs société d'origine germanique  ils ont inventé une loi qu'il considére comme divine :celle qui instaure le "droit du sol " Mais franchement cela ne veut rien dire du tout  car la terre ne parle  aucune langue ,le vent ne siffle pas en flamand , le bruit du ruisselement des rivières ,est le même en français ,en néerlandais ou en swahili ,les oiseaux chantent  les mêmes trilles de liberté à Ostende et à Libramont  ...alors le droit du sol NON le droit des gens OUI

vendredi 9 novembre 2007

Danger et confusion

Il parait qu'une tribu de nomades africains émus par le sort des
enfants européens maltraités dans des milieux aisés d'Europe a le
projet d'exfiltrer ces petites victimes de la vie moderne et
mécanique pour les emmener sur les rives du Niger afin de leur
offrir la bonté du soleil, la liberté du grand air et la richesse
que représente la fraternité familiale africaine. !

Cela part d'un bon sentiment, bien sur mais ce n'est pas réalisable
pour les raisons qu'on imagine facilement.

-Il faut empêcher cela, c'est insensé dit on en Europe .

Et pourtant certains se sont étonnés sinon scandalisés ,que les
membres d'une association française ayant essayé de réaliser la même
folle aventure en voulant déporter des enfants d'Afrique vers la
France, soient arrêter dans leur délire… ! .Mais il est sans doute
temps de ne plus évoquer cette lamentable histoire et ses
protagonistes, ne serait ce pour ne pas en faire des vedettes de
l'actualité dite « people »

Il faut revenir aux choses sérieuses et réfléchir sur ce que sont
devenues les raisons premières ayant nécessité l'aide humanitaire
et la création de tant d'organisations caritatives et d'aide au
développement pour le Tiers- Monde.

Assez étrangement, quelques jours avant que n'éclate le scandale de
l' »arche de zoé » Jacques Danois vice président de L'Amade Mondiale
» a publié un article intitulé : « L'humanitaire et l'humanité «
dans la très estimée REVUE GENERALE de Belgique.

Madame France Bastia ,rédacteur en chef de cette important
publication nous a autorisé à le reproduire ici.